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La descente aux enfers du PEL, le placement à bannir

Les Français sont particulièrement attachés aux placements à capital garanti et aux produits de l’épargne réglementée. Le PEL ou plan épargne logement ne fait pas exception à la règle avec 12 millions de détenteurs. Cependant, le rythme des fermetures s’accélère (550 000 en 2017), et pour cause : le plan épargne logement se fait de moins en moins attractif. Il est même plutôt devenu au fil des ans un placement à fuir absolument. Découvrez les trois raisons qui devraient vous inciter à vous tourner vers d’autres produits d’épargne.

PEL : caractéristiques de ce produit de l’épargne réglementé

Le PEL ou plan épargne logement est un support de l’épargne réglementée. On ne peut en détenir qu’un seul par personne. Le plafond du PEL est fixé à 61 200€. Pour ouvrir un PEL, vous devrez effectuer un investissement initial minimal de 225€. Ensuite, vous devrez l’alimenter avec un dépôt minimal de 540€ par an ou 45€ par mois.

Destiné à financer un achat immobilier, le PEL, au bout de 4 ans de détention, donne le droit à son détenteur de bénéficier d’un taux d’intérêt « privilégié » pour la souscription d’un emprunt immobilier.

Une rémunération qui dégringole

Le rendement d’un PEL varie selon l’année d’ouverture de l’enveloppe. S’il semble judicieux de conserver un PEL ancien, on aurait tort aujourd’hui de souscrire à ce type de placement. En effet, jusqu’en 1986, les PEL rapportaient 7,5 % par an. Plus proche de nous, jusqu’en 2015, le PEL affichait un taux d’intérêt de 2,5 %, sans aucun risque ! Ce chiffre à rapprocher du rendement moyen du fonds euros (de 1,8 % en 2018) est particulièrement élevé pour un placement à capital garanti. Il y a donc un réel intérêt pour le détenteur d’un PEL ouvert avant 2015 à conserver son enveloppe qui lui permet de garder 61 200 euros en toute sécurité avec un rendement plutôt intéressant dans le contexte actuel de taux bas. La situation est toute autre pour les nouveaux entrants. La rémunération des PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 est tombée à 1 % (en dessous de l’inflation) et à la condition que le titulaire n’effectue aucun retrait les deux premières années.

Mais la baisse des taux n’est pas le seul facteur de baisse de rendement du PEL. La loi de finance 2018 a en effet supprimé le versement de la prime d’État. Les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 n’ouvrent plus droit au versement de la prime d’État qui pouvait aller jusqu’à 1 525 euros à condition de remplir certaines conditions comme la souscription d’un crédit immobilier supérieur à 5 000€ par exemple. Cette suppression de la prime a encore mis à mal un peu plus le rendement de moins en moins attractif du PEL.

Des gains imposés

L’épargne réglementée est généralement assortie d’une fiscalité avantageuse : les intérêts bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu et d’une exonération de prélèvements sociaux. Ce n’est plus le cas pour le PEL depuis le 1er janvier 2018. Les détenteurs d’un PEL ouvert depuis cette date verront en effet leurs gains fiscalisés et ils devront porter le montant des intérêts sur la déclaration d’impôt sur le revenu. Ils pourront alors choisir de s’acquitter de la Flat Tax, ce prélèvement forfaitaire unique qui regroupe imposition sur le revenu à un taux de 12,80 % et prélèvements sociaux à un taux de 17,2 %, ou bien opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Avec des gains fiscalisés, le rendement net du PEL s’effondre encore un peu plus, à 0,70 %, voire en-deçà, bien en dessous du taux d’inflation.

Un taux d’intérêt à l’emprunt totalement hors sujet

On pourrait se dire que le PEL est tout de même un placement intéressant pour qui a un projet d’achat immobilier. Rappelons en effet que le détenteur d’un PEL d’au moins 4 ans peut souscrire un prêt immobilier de 92 000€ maximum à rembourser entre 2 et 15 ans à un taux « privilégié ». Sauf qu’en réalité il n’a de privilégié que le nom. Pour les PEL souscrits depuis le 1er août 2016, ce taux d’intérêt est de… 2,2 %, quelle que soit la durée d’emprunt ! Or, nous connaissons aujourd’hui des taux particulièrement bas, les records ne cessent d’être battus et l’on arrive en juillet 2019 à des taux d’intérêt pour les meilleurs profils de 0,6 % sur 15 ans ; 0,8 % sur 20 ans et 1 % sur 25 ans. On est donc extrêmement loin des taux aujourd’hui proposés avec le plan d’épargne logement. Même avec un dossier moyen, on pourra s’endetter sur 15 ans à 1,50 % environ, ce qui représente tout de même un différentiel de 0,70 % entre le taux de crédit PEL et celui du secteur libre.

Et cela a un coût ! Si l’on emprunte 92 000 euros sur 15 ans à 2,2 %, les intérêts de l’emprunt seront de 16 097€. En revanche, si l’on emprunte 92 000 euros sur 15 ans à 0,6 %, le coût n’est plus que de 4 225€, soit une différence de plus de 11 000 euros avec le taux du PEL. Et même avec un emprunt à 1,50 %, le coût des intérêts sera de 10 795€, soit une différence de plus de 5 000 euros.

Louis Yang (Café de la Bourse)13/09/2019 à 16:30

Plan épargne logement : la flat tax sera appliquée aux PEL à partir de 2018

Source : cBanque avec AFP-Publié le lundi 11 septembre 2017
mis à jour le mardi 12 septembre 2017

Les Plans épargne logement (PEL) ouverts à partir de janvier prochain seront soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30%, comme la plupart des placements bancaires, a annoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire dans Les Echos.

Plus précisément, « pour les nouveaux plans ouverts à compter du 1er janvier 2018, les intérêts produits seront imposés au PFU dès la première année », a déclaré Bruno Le Maire dans un entretien publié ce lundi soir par le quotidien économique. Toutefois, comme le précise par ailleurs le ministre, « les contribuables pourront toujours choisir l’imposition au barème [de l’impôt sur le revenu], si c’est plus avantageux pour eux ». A ce jour, jusqu’au 12 ans de détention, les intérêts du PEL sont uniquement soumis aux cotisations sociales (15,5%).

Concernant les « plans ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts produits jusqu’à la veille du 12e anniversaire du PEL resteront exonérés d’impôt sur le revenu. En revanche, les intérêts produits après 12 ans seront imposés » au prélèvement forfaitaire unique (PFU), surnommé « flat tax », à hauteur de 30%. L’encours des PEL, à fin 2016, atteignait 259,4 milliards d’euros, un niveau quasiment équivalent à celui du Livret A.

Pas de changement pour le Livret A et le PEA

Plus généralement, « le PFU s’appliquera aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values de cession de valeurs mobilières », a rappelé le ministre dans Les Echos, conformément aux annonces réalisées jusqu’à présent. « En revanche, nous maintenons les avantages des produits d’épargne populaire (Livret A, LDDS, épargne salariale) et des produits fortement investis en actions comme les PEA. »

Le ministre a par ailleurs clarifié le projet gouvernemental en matière d’assurance-vie, confirmant que l’imposition forfaitaire de 30% s’appliquerait au-delà de « 150.000 euros d’encours nets, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300.000 euros pour un couple ». Avant d’ajouter : « Le PFU ne s’appliquera qu’aux revenus produits par la fraction des encours supérieure à ces seuils. »

En-deçà de ces montants, « les détenteurs de contrats d’assurance-vie n’ont aucune raison de s’inquiéter » : « Rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant », a garanti Bruno Le Maire, pointant le « mauvais procès » fait au gouvernement. Par ailleurs, « les autres avantages fiscaux sont maintenus, à l’instar du régime favorable sur les successions et des abattements de 4 600 et 9 200 euros après 8 ans de détention », a-t-il souligné.

BAISSE DU TAUX DU PEL DE 2.50% À 2% AU 1ER FÉVRIER 2015

2% brut des prélèvements sociaux, c’est 1.69% net pour l’épargnant.
Bercy a confirmé la baisse du taux du PEL à partir du 1er février, seulement pour les nouveaux PEL ouverts après le 1er février.
Selon le communiqué officiel, le Gouvernement a décidé que, pour les nouveaux plans d’épargne logement (PEL) ouverts à compter du 1er février :

  • le taux de rémunération des épargnants par les banques lors de la phase d’épargne du PEL sera de 2 % (ndlr, brut des prélèvements sociaux soit 1.69% net), soit un niveau cohérent avec celui des autres produits d’épargne existant sur le marché ainsi qu’avec la durée d’immobilisation de l’épargne (4 ans en règle générale pour le PEL)
  • le taux d’intérêt maximal facturé par les banques aux épargnants choisissant d’emprunter dans le cadre du PEL, à l’issue de la phase d’épargne, sera abaissé de 4,20 % à 3,20 %, soit un gain pour les emprunteurs de 100 points de base alors que le taux moyen des emprunts immobiliers est actuellement de 2,36% ….

L’Assurance vie a donc encore de beaux jours devant elle…